Tout au long du parcours, le juge, tout habillé de noir, prononce la sentence, relevée des chefs d'accusation qui pèsent sur les larges épaules du géant.
"Mesdames, Messieurs,
Comme les années précédentes, nous venons vous annoncer la fête du Mardi-Gras.
Vous savez que Mardi-Gras est un homme de mauvaise conduite. Il laisse mourir sa femme et ses enfants de faim.
N'ayant pas le courage de travailler, il s'est mis à voler. Voici quelques-uns de ses méfaits : 4 kg de pâté chez le boucher, 3 pains chez le boulanger et une vingtaine de poules chez le fermier.
Mardi, il sera jugé.
Règlement : toutes les jeunes filles ne se laissant pas relocter seront à l'amende d'1 euro, toutes les personnes rencontrées dans les rues de 8 à 13 heures, tels que boulanger, boucher, gendarme, facteur, commerçant et chômeur, seront à l'amende de 50 cents.
Pour fêter cette victoire, ce soir, Grand Bal masqué à la salle de musique.
Bienvenue à tous, en avant la musique".
Derrière le juge, les musiciens vêtus de sarrau, foulard rouge et melon, vibrent d'entrain, les masqués applaudissent et laissent éclater leur joie.
Après la tournée dans le village, le bonhomme rentre dans une grange (comme il est rentré à la prison du château jadis).